les anorexies
Il convient de distinguer l’anorexie commune, la plus fréquente,
des formes sévères et complexes d’anorexies,
beaucoup plus rares.
- L’anorexie commune souvent dite
d'opposition ou de sevrage
C'est la forme la plus fréquente. Elle survient au 2ème
semestre.
Il s'agit plus d'une conduite de
refus alimentaire que d'une absence
d'appétit.
Le nourrisson est classiquement vif
et plutôt précoce
dans son développement psychomoteur. Le contact avec lui s’établit
facilement.
L'anorexie apparaît comme un refus progressif ou rapide de
l’alimentation solide, parfois à l’occasion d’un
changement de régime alimentaire, d’une poussée
dentaire, d’un sevrage. La
consommation de liquide est satisfaisante.
La mère est souvent angoissée, doutant de ses compétences.
La lutte pour faire manger l’enfant est quotidienne et à chaque
repas. La mère use de divers stratagèmes souvent éphémères.
Le repas est ainsi très long, il se finit parfois par un vomissement
qui marque "la victoire" de l’enfant.
Les relations mère-enfant sont alors très rapidement
perturbées, tant la mère se sent particulièrement
disqualifiée dans son rôle propre de "bonne mère" nourricière.
Le refus de la nourriture est ressenti par la mère
comme un rejet de la part de son
enfant.
Cela peut correspondre à la reprise d'activité professionnelle
de la mère la rendant moins disponible pour son enfant. Cette
indisponibilité psychique a des répercussions sur l’épanouissement
de l’enfant.
A noter de même que le 9ème mois du post-partum correspond à une
période de fragilité maternelle (avec un pic de dépression
du post-partum).
On distingue 2 formes :
- La forme simple
La plus fréquente et souvent réactionnelle à un
changement dans l'environnement. Elle cède souvent avec un
réaménagement des relations mère-enfant (sans
omettre le père) et un soulagement des angoisses réciproques.
- Les formes complexes
Avec vomissements fréquents retentissant sur la courbe de
poids et associant une stagnation pondérale dans les cas les
plus graves et chroniques. La réassurance
habituelle reste inefficace.
Après avoir éliminé une cause organique, une
approche pédopsychiatrique est indispensable afin d'évaluer
les relations mère-enfant et ce qui sous-tend l'angoisse maternelle
(angoisse de mort, enfant non désiré, culpabilité…).
Non traitées, certaines anorexies communes peuvent s’aggraver.
L’enfant présente alors un tableau dépressif
: il est inerte, passif et semble désinvestir le monde extérieur.
D'autres anorexies peuvent témoigner d’un trouble grave
du développement de l’enfant et être le symptôme
d’un processus autistique en train de se constituer. Elles
nécessitent une prise en charge spécialisée.
- Anorexies sévères précoces,
non psychotiques
Elle est plus rare et beaucoup
plus grave. La perte de poids
est constante.
Elles sont très précoces, après la naissance
(1er trimestre). L’enfant semble ne pas avoir faim; il a peu
de mouvements de succion ou de déglutition. Il est hyper vigilant
vis à vis de son entourage mais interagit très peu
avec lui. Son regard est fixe et semble vide. L'enfant est passif,
indifférent, peu mobile, rejetant la tétine proposée.
La gestuelle est lente, la
mimique, pauvre. Il y a peu
de sollicitations vocales
et corporelles.
L'impression de l'entourage
est celle d'un enfant qui
ne veut
pas vivre
et qui se
laisse mourir.
Le pronostic
vital
est parfois
engagé.
Le contexte de survenue est
celui d'une privation affective.
Par
exemple lorsque
la mère est très sévèrement
déprimée, l’enfant ne pouvant pas alors introjecter
une représentation stable de sa mère, du fait du manque
d’investissement de celle-ci à son égard. C'est
le cas aussi de nourrissons longtemps hospitalisés ou placés
en institution.
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