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L’énurésie


C’est un trouble du contrôle de la miction. Ce n’est pas une incontinence.


La miction est normale, active et complète mais involontaire, inconsciente et non contrôlée, après 4 ans (âge de maturité physiologique) mais parfois plus tôt. L’enfant sait qu’il est mouillé vers 18 mois et peut réclamer le pot avant 2 ans.


Ce comportement est relativement fréquent et atteint environ 10 % des enfants, avec 2 garçons pour une fille. Il doit survenir au moins 2 fois par semaine ou provoquer une angoisse significative ou une altération sociale ou scolaire. Les énurésies occasionnelles (diurnes ou nocturnes) sont fréquentes.


Environ ¾ des enfants énurétiques ont un parent ancien énurétique plus tolérant au trouble (importance de l’âge où les parents consultent pour leur enfant).


L’interrogatoire distingue :
- l’énurésie primaire (sans la moindre période, même très courte, de propreté)
- l’énurésie secondaire
- l’énurésie nocturne (la plus fréquente)
- l’énurésie diurne.


Un enfant ne peut être propre la nuit que s’il est propre le jour. Il faut rassurer l’enfant et ses parents sur un point car l’enfant a souvent peur de s’endormir : la miction ne survient pas au cours de l’endormissement mais au réveil, le plus souvent en fin de nuit, souvent à l’occasion d’un rêve.


Ce même interrogatoire met en évidence :
- le rythme des épisodes énurétiques : depuis une naissance, un déménagement, le divorce des parents ? Un week-end sur deux et la moitié des vacances ? Chez les grands-parents (parents absents) ? Juste la veille de l’école ? Depuis des difficultés scolaires ? Après la naissance d'un(e) petit(e) frère (soeur) ? De telles évidences apportent des éléments sérieux quant à la compréhension des conflits que vit l’enfant.


- les avantages ou bénéfices secondaires : attention bienveillante, soins apportés, fin de nuit dans le lit des parents, etc.


L’interrogatoire suffit parfois à écarter une cause médicale à laquelle il faut toujours penser : urologique, malformative, infectieuse, neurologique, épileptique (nocturne). En cas de doute, un bilan est nécessaire (échographie, UIV, ECBU…).


À la différence de l’encoprésie, l’énurésie est généralement isolée, surtout quand l’enfant est jeune et quand la période de propreté a été inférieure à une durée d’un an. Il existe
souvent de longues périodes de rémissions spontanées. Il faut tout de même rechercher des troubles du sommeil, une potomanie, des traitements déjà utilisés…


L'énurésie est un symptôme et non une maladie. Il n'existe pas de personnalité ou de structure propre à l'énurésie, mais elle s'intègre dans un tableau qu'il faut apprécier avec soin à travers l'histoire de l'enfant et de sa famille, pour réintégrer le symptôme dans la dynamique psychique de l'enfant et de sa famille et comprendre sa place et son sens.


Ainsi, d'un point de vue psychologique, l'énurésie peut être l'expression :
-D'une satisfaction passive (plaisir d'être mouillé…)
-D'une satisfaction active, agressive, sadique…Expression d'un sentiment de puissance
-D'une satisfaction masochiste (plaisir d'être puni…)
-De fantasmes dans le cadre de la problématique OEdipienne.
-D'une recherche de bénéfices secondaires (régression…)


L'évolution est toujours spontanément favorable, mais en un temps variable.


Toute énurésie ne nécessite pas une prise en charge et si traitement il y a, il est fonction des options étiologiques. Il est alors symptomatique.


Le rappel des règles hygiéno-diététiques est toujours important : restrictions des boissons du soir…


La psychothérapie est parfois nécessaire.


Les thérapies comportementales utilisent des tableaux à étoiles (gommettes…), des sonnettes réagissant à l’humidité ("pipi stop"…) etc.


Un traitement médicamenteux (antidépresseur, hormone antidiurétique) ne doit pas être de première intention. La pharmacothérapie utilise l’imipramine (Tofranil® à faible posologie). Les analogues de l’hormone antidiurétique (Minirin®, en spray) ont montré quelques succès.

 
  
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