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L’instabilité psychomotrice

 


Synonymes : turbulence, hyperactivité, agitation, trouble hyperkinétique, ADHD…
Il s’agit d’un motif fréquent de consultation pour des enfants en maternelle ou en primaire, où elle a une fréquence estimée à 3-5 %. Mais il convient de distinguer un comportement pathologique (aux origines très diverses) des enfants "plein de vie".


Le début des troubles se situe entre 5 et 6 ans.


Elle prédomine nettement chez le garçon (7 garçons pour 1 fille)
Il s'agit d'un syndrome et non d'une maladie.
Le diagnostic repose sur l'entretien des parents, l'entretien avec l'enfant seul et une observation des relations parents-enfant. Parfois, certaines échelles (Conners) ou certains bilans : psychologique, psychomoteur, orthophonique permettent d'argumenter le diagnostic.


Cliniquement, sont retrouvés :


- Une instabilité motrice
Hypermotricité souvent inadaptée, désordonnée, sans but précis
Mouvements incessants, bruyants, maladroits, plus ou moins contrôlés
Envahissement de l'espace, surtout celui d'autrui, parasitage incessant
Indiscipline, ne supporte pas de rester assis
Anarchie du comportement : activité brouillonne et maladroite
Impulsivité : la moindre occasion est bonne pour grimper, sauter, toucher
Incapacité à différer
Travail bâclé, réponses trop rapides
Les incessantes réprimandes et les punitions sont généralement inefficaces.

- Une instabilité psychique
Eparpillement de l'enfant, happé par tous les stimuli extérieurs
Inattention et difficultés de concentration intellectuelle
Distraction


En revanche, l'enfant peut réaliser correctement un travail lorsqu'un adulte disponible se trouve à ses côtés


- Symptômes associés, plus ou moins marqués
Angoisse généralement diffuse, masquée par l'agitation
Agressivité, colères déclenchées par les frustrations
Attitudes de provocation
Conduites d'opposition, de défi, de refus, d'indifférence aux remontrances
Variations de l’humeur avec passage du rire aux larmes, de l’excitation à la
tristesse, du sentiment de triomphe à l'effondrement dépressif
Faible investissement du langage, difficultés à verbaliser, notamment ses
sentiments de malaise ou d'insécurité
Difficultés relationnelles, isolement par rejet des pairs
Anomalies de la coordination, maladresse
Troubles des apprentissages (20-50 % des cas) : difficultés de lecture, de calcul


- Conséquences
Sur le plan familial
Exaspération, dramatisation, rejet, banalisation, déni…
Contre attitudes violentes
Aggravation du tableau clinique
Sur le plan scolaire
Résultats médiocres
Mesures disciplinaires inopérantes
Exclusions répétées
Retard voire échec scolaire


Complication grave compromettant l'avenir de l'enfant.
Le diagnostic différentiel doit se faire avec :
- Turbulence développementale
- Trouble du développement
- Retard mental
- Prise médicamenteuse (corticoïdes, antiasthmatiques…)
- Pathologie neurologique (épilepsie)
- MALTRAITANCE.


L’instabilité psychomotrice n’est qu’un syndrome, une réponse psychomotrice non spécifique. C’est souvent une réaction défensive immédiate chez un enfant confronté à un bouleversement de son monde relationnel. Elle peut aussi s’inscrire dans certaines psychoses infantiles ou troubles graves de la personnalité.


La psychiatrie française insiste sur le caractère fréquemment contradépressif de l’hyperactivité et parle de défenses pseudo maniaques en cas d’impossibilité d’élaboration de la position dépressive (lutte contre la perte) en maintenant une illusion de toute puissance. L’enfant s’éparpille pour ne pas penser, notamment à sa tristesse et à ses causes. Il convient de replacer le comportement de l’enfant (parfois sa seule possibilité de s’exprimer) au sein de son environnement familial et affectif.


Approches thérapeutiques
Elles sont très différentes et discutées. Elles associent :


- Approche familiale : toujours nécessaire pour soutenir les parents et modifier les
interactions pathologiques qui se sont instaurées.


- Approche corporelle (danse rythmique, relaxation, rééducation psychomotrice) qui restaurent le plaisir de l’action et de la maîtrise du corps.


- Psychothérapie : difficile chez un enfant qui lutte pour ne pas prendre en compte sa vie mentale et qui a du mal à verbaliser. Mais elle est importante pour travailler dans ce sens, pour restaurer la continuité de la pensée de l’enfant.


- Approche comportementale et cognitive : parfois utiles.


- Traitement médicamenteux : le plus classique est la Ritaline® (méthylphénidate)
Dérivé amphétaminique, dont l’efficacité est prouvée quand l’indication est bonne. Elle ne concerne que les enfants de plus de 6 ans. Elle est affaire de spécialiste et doit être réfléchie (plus d’un million d’enfants en consomment au Etats-Unis). Le traitement médicamenteux n'est jamais isolé.


 
  
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