LES TROUBLES
DE L'ALIMENTATION
Avec les troubles du sommeil, c’est un motif très fréquent
de consultation en pédopsychiatrie avant 1 an. Ils sont générateurs
de beaucoup d'inquiétude chez les parents. Leur gravité est variable,
depuis les simples fluctuations de l'appétit aux anorexies graves, avec
risque vital.
Pour comprendre
L'alimentation est au coeur de la relation précoce mère-enfant.
L’acte de manger chez l’enfant est un acte complexe et répond à plusieurs
fonctions :
- La faim : manger répond à un besoin instinctuel fondamental.
La faim crée un état de tension apaisé par le repas.
- Le plaisir : manger procure de surcroît du plaisir; plaisir de sucer,
de mordre et de croquer, servant d’exutoire à l’agressivité normale.
- L’échange et l’attachement : l’alimentation met
en relation deux êtres. Les relations et la communication se font sous
diverses formes : regards, paroles, toucher… L’adulte, en faisant
don de nourriture à l’enfant, fait don de lui-même, d’amour.
L’enfant, en acceptant la nourriture, accepte sa mère (qui, en
retour, se sent aimée et reconnue comme bonne mère). Etre nourri
pour un enfant, c’est aussi être aimé.
- Le dedans et le dehors : au niveau de la bouche, s’opère des échanges
entre ce qui est du dehors (de l’autre) et ce qui est dedans (soi). Plusieurs
mécanismes psychiques inconscients (introjection, incorporation, identification…)
font intervenir ces notions de dedans et de dehors, d’intime et de collectif,
de soi et de l’autre…des limites du corps…
- La structuration de la personnalité et la mise en place des relations
d’objet (relation avec l’entourage). Le Moi se forme à partir
d’éprouvés corporels. L’enfant établit une
relation objectale dans laquelle s’enracine la fonction alimentaire.
- Significations sociales et culturelles – imaginaires et symboliques
: dans chaque culture, manger revêt des significations particulières
qui dépassent le simple fait de manger…
Manger ne se limite donc pas au seul fait de s’alimenter et ne constitue
pas qu’une simple fonction physiologique. Manger fait aussi intervenir
la psyché, consciemment et inconsciemment.
De nombreux facteurs interviennent sur la relation mère-enfant au moment
de l'alimentation du nourrisson.
Du côté de la mère
- Facteurs extrinsèques :
La société avec ses rituels et ses idées préconçues
familiales qui se transmettent de génération en génération.
Le médecin et la "mode pédiatrique du moment" concernant
l'hygiène et la diététique.
Le choix du type d'allaitement et son déroulement.
Les conditions de vie et d'environnement.
- Facteurs intrinsèques :
Etat de santé de la mère, physique mais aussi psychique.
Disponibilité et sécurité affectives.
Du côté du nourrisson
- Etat de santé physique
- Tempérament et capacités à adresser des messages
- Facilités à s'exprimer (échange de regards, tonicité…)
? Dans l'interaction mère-nourrisson
- Réceptivité de la mère aux messages du nourrisson et
réciproquement
- Capacités d'ajustement corporel, de regard mutuel
- Qualité de l'interaction avec découverte des compétences
du nourrisson et gratifications en retour
|