INTRODUCTION
Le domaine logico-mathématique regroupe
une série
de compétences cognitives qui sont
* la numération: connaissance des nombres, de la suite
des nombres, leurs représentations, la capacité de
faire une correspondance terme à terme
* le principe de conservation: des quantités, des volumes,
des grandeurs, des poids...
* la catégorisation (le regroupement d'éléments
en fonction de critères communs), la sériation et
les suites logiques (algorithmes)
* la maîtrise des opérations: comprendre le principe
de l'addition, la soustraction, la multiplication, la division,
et connaître la technique ( procédure) pour arriver
au bon résultat ( poser des opérations, stratégies
de comptage) * le raisonnement logique: faire des liens de causalité,
tirer des conclusions à partir d'hypothèses, sortir
des données pertinentes d'un énoncé... pour
mener à bien une résolution de problème
LES DYSCALCULIES Ces troubles ne sont pas spécifiques et sont associés
souvent aux :
- dysphasies
- dyslexies - dysorthographies
- troubles visuo-perceptifs et visuo-constructifs
- dyspraxies
- retard mental, quel qu'en soit la cause
( génétique,
congénital, maladie neurologique...)
- syndromes autistiques
Néanmoins une classification est utile pour repérer
le type de difficulté en calcul que présente l'enfant.
On décrit ainsi:
La dyscalculie des faits arithmétiques
Les stratégies de comptage sont immatures et l'évolution
des supports ( petits bâtons--> doigts --> papier --> representation
mentale) lente
le temps de réponse est très
long
La dyscalculie procédurale
C'est une difficulté de maîtrise des algorithmes
+ / - / X / : ( résoudre une opération écrite,
sens de l'opération, maîtrise des priorités
dans une chaine de calcul)
La dyscalculie par alexie ou agraphie des nombres
Il s'agit de difficultés de transcodage:
passage de l'oral (phonologie) aux chiffres ( Arabes)
et/ ou aux lettres (alphabétisation)
avec des erreurs de type lexicales ou syntaxiques
La dyscalculie spatiale
On retrouve des difficultés de dénombrement (stratégies
aléatoires), des troubles d’orientation droite-gauche,
des signes miroirs, une mauvaise maîtrise du système
positionnel (apprentissage de la base 10 et écriture des
opérations posées verticalement), des difficultés
persistantes et importantes en géométrie
HISTORIQUE
Si Henschen est un des premiers auteurs
a fournir une description détaillée des acalculies et dyscalculies, , les tenants
de la période récente préfèrent définir
les symptômes et voient les syndrômes acalculiques
et dyscalculiques en fonction des erreurs ou des manques des patients.
Hacaen tente alors une description exhaustive par l'étude
de nombreux patients acalculiques. Deloche et Seron, quant à eux,
mettent l'accent sur les codages, numériques, verbaux, etc...
qui leur permettent de distinguer, à partir des objets que
sont les nombres, les opérations de calculs, les erreurs
spécifiques des troubles dyscalculiques. Un modèle
de traitement fut alors fondé par Mc Closkey & Caramazza,
sur la base des observations précédentes. Comme beaucoup
de modèles, il ne sert qu'à aider les praticiens, à défaut
de décrire convenablement et exhaustivement les mécanismes
de calcul et d'opération.
1. Période anatomo-clinique
1.1. Henschen (1919)
C’est le premier à véritablement s’intéresser
au phénomène : il dénote deux types de troubles
que l’on peut rassembler sous le terme d’acalculie
: le trouble de la manipulation des symboles et le trouble du calcul
proprement dit (troubles des mécanismes opératoires
servant à l’obtention d’un résultat)
1.1.1. Troubles de la Manipulation des symboles :
3 dissociations sont observables, ce qui
signifie que l'on peut trouver des patients ne présentant que l'un de ces cas,
et qu'ils sont donc indépendants :
- la cécité numérique : c’est un trouble
de la lecture des chiffres (gyrus angulaire « GA » et
fissure pariétale)
- L’agraphie numérique est un trouble de l’écriture
des chiffres (gyrus angulaire)
- L’aphasie pour les chiffres est un trouble de la production
orale des chiffres (base du pied de F3 = aire de Broca = circonvolution
frontale inférieure)
1.1.2. Troubles du Calcul : 2 dissociations observables :
- L’acalculie au sens strict peut concerner la combinaison
de chiffres/nombres et/ou les opérations sur ces combinaisons.
- L’acalculie amnésique est un trouble de l’évocation
des savoirs chiffrés (N° tel, résultats arithmétiques,…)
1.2.
Kleist (1934) Il fait la distinction entre le code et le calcul, il y a donc
:
- les troubles de traitement des éléments du code
(le code graphique lié aux chiffres et aux nombres) : l’alexie
numérique et l’agraphie numérique (1).
- Les troubles du calcul mental ou acalculie
sans agraphie ni alexie : il y a introduction de la composante
spatiale (la position
des chiffres) dans l’analyse des troubles : par exemple,
des patients à qui on dit 985, écrivent 895 : il
y a une inversion.
1.3. Hecaen et al (1960-1968) Il distingue trois grandes catégories
de troubles :
1.3.1. Les acalculies aphasiques
Elle concernent un trouble de l’écriture/lecture
des chiffres/nombres. (Pariétal gauche ou bilatéral)
comme
- l’alexie des chiffres isolés (difficultés à lire
un chiffre)
- l’alexie des nombres : 1/ par inversion
(lire 36 quand on voit 63) ; 2/ par omission (lire 36 quand on
voit 306) ; 3/par
perte de la valeur de position des chiffres dans le nombre (lire
trois-six quand on voit 36).
- L’agraphie des chiffres isolés
- L’agraphie des nombres : elle concerne souvent la décomposition
des nombres : mille quatre cent dix-sept sera écrit 10004100107
(1000-4-100-10-7)
1.3.2. Les acalculies visuo-spatiales (Pariétal droit ou
bilatéral - elles concernent souvent l'écriture et
la lecture en même temps) :
- par Perte de l’ordonnance des chiffres (198 à 189)
- par Négligence spatiale (gauche : 1964 à 964 ou
droite : 1964 à 196)
- par Erreurs spatiales sur les opérations écrites
(le patient de gère pas la place de son écriture
dans l’écriture des opérations :
1.3.3. L’anarithmétie :
il s’agit de troubles des opérations arithmétiques
(Pariétal bilatéral avec un rôle plus important
de l’hémisphère gauche (prédominance
de l’étendu des régions). Il s’agit d’un
trouble des dictionnaires mentaux des formes écrites, concernant
les opérations arithmétiques : les calculs mental
et écrit sont touchés.
2. Période actuelle
Deloche & Seron (1982-1988) établissent un modèle
de traitement de l’information concernant le calcul en différenciant
et définissant plusieurs caractéristiques :
- le calcul proprement dit, qui possède
des composants verbaux dissociables en 4 niveaux :
1/ L’activité de transcodage est le passage du code
numérique à un autre code, par exemple le code arabe
et le code graphémique (français) de l’alphabet
: le phonème "dis" se transcode en 10 et en dix.
Si de 10, on écrit Dix, on dit qu’il y a un transcodage
bi-univoque, car on passe par le codage numérique.
Le transcodage peut être compliqué du fait de plusieurs
codes pour un même nombre (dans le code graphémique
(français) de l’alphabet, on peut écrire onze
cents ou mille cent pour 1100 (jusqu’à 1900)
2/ L’activité de comptage : c’est la connaissance
de l’ordre de succession : il est valable pour tous les codes
: 1<2<3 ; un deux trois
3/ Les savoirs arithmétiques sont les faits stockés
et organisés en Mémoire à long terme (Pi,
l’appréciation de la valeur des symboles, comme le
+ qui représente l’addition,…)
4/ Les procédures de résolutions de problèmes
- le lexique limité : par exemple le code numérique
comprend ses propres symboles « 1 », « 2 », « 3 », « . », « , »… Le
code Verbal : « Un » , « Deux », « Trois », « Million », « Et »…
- Il existe 3 manières de représenter les quantités,
dont on peut prendre trois exemples :
1/ Code arabe : soumis à la contrainte de représentation
des quantités à partir d’un côté (de
la droite) : c’est un système strictement positionnel
: 21 = 2.101 + 1.100
2/ Code verbal : c’est un système
hybride de convergence par addition et multiplication. Vingt-sept
milles quatre cent quatre-vingt
sept = 20*7*1000 + 4*100 + 4*20 + 7.
3/ Code Romain : il est soumis à deux « lois : celle
de la croissance GàD (addition) : par exemple VII (V+I+I)
= 7 ; Celle de la décroissance DàG (IX = X-I = 9).
Lorsqu’il y a absence de croissance ou de décroissance
(en fait on les appelle tous les deux croissance), on retrouve
un principe d’addition : III I+I+I = 3.
En 1992, les auteurs réalisent une expérimentation
de repérage des erreurs chez les aphasiques : la tâche
est un transcodage du code verbal au code arabe. Ils notent 3 sortes
d’erreurs :
Erreurs lexicales
- Erreurs intra catégorielles (erreurs de position) : Cinq à 6
; Douze à 11
- Erreurs inter catégorielles (erreurs de classe) : Cinq à15
; Douzeà20
Erreurs syntaxiques
- Erreurs de transcodage total : mille neuf
cent à 1000
9 100
- Erreurs de transcodage partiel : cent
cinquante trois à 10053
- Erreurs de transcodage terme-à-terme : (un mot à un
chiffre) : cent deux à 12
- Erreurs de transcodage 100/1000 : mille
huit cent dix à 1
8 1 10
Erreurs Spécifiques (liées à la
langue)
- Dizaine complexe : quatre-vingt-sept à 4207 ou 427… soixante
dix huit à 60 10 8 ou 60 18 ou 718 (dans le dernier cas,
le patient utilise deux fois l’élément « dix »)
3. Modèle de Mc Closkey & Caramazza
Pour prendre en compte toutes les spécificités des
acalculie et dyscalculie, un modèle également complexe
a vu le jour.
Il est inspiré de la psychologie cognitive de la lecture.
Le nom le plus courant de ce modèle est : Modèle
modulaire fonctionnel de Baltimore. Il prend ses origines dans
les modèles de traitement de l’information, qui donnent
naissance à des modèles des troubles de lecture,
lesquels ont inspiré à leur tour ce modèle
des troubles du calcul et des nombres.
Modèle de Mc Closkey & Caramazza
Le système syntaxique contient les règles utilisées,
il a besoin de deux lexiques pour pouvoir réaliser le transcodage.
Le système entier distingue deux sous-systèmes pour
le traitement des nombres (en fait, il est probable qu’il
s’agissent du même, qui effectue les deux opérations)
et un système de calcul qui effectue toujours les procédures à partir
du même matériel, phonologique.
Ouvrages en orthophonie
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