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Troubles du sommeil chez l’enfant

 


L’endormissement est un moment crucial car il fait séparation. C’est un moment d’importante régression et de vulnérabilité. L’enfant doit investir un objet ou une aire transitionnelle (petits rituels du coucher comme le biberon d'eau ou de lait, la troisième histoire, l'envie de pipi…) pour assumer cette distance sans la vivre comme une rupture. Par ailleurs, les phobies normales, entre 3 et 5 ans, (peur du noir, des voleurs, du loup, des monstres…) peuvent être sources de difficultés d’endormissement. Il importe que les parents aient assez de souplesse et d’autorité pour éviter toute crispation.


- Le coucher de l’enfant et les perturbations de l'endormissement


L’opposition au coucher est fréquente, à un moment où se négocie la propreté. Cela arrive de manière occasionnelle chez tous les enfants et il est important que l’enfant ressente qu’il possède une "certaine" maîtrise de la situation, sans devenir un petit tyran (voire un véritable).

On ne parlera de trouble que devant la répétition du phénomène de manière fréquente. Deux cas de figure sont alors retrouvés :


- Refus du coucher : fréquent entre 2 et 4 ans, marquant une opposition aux parents : l'enfant refuse d'aller au lit ou se relève. Cela s'accompagne de manifestations bruyantes qui s'éternisent (pleurs, cris…)


- Peur du coucher : l'enfant est en proie à l'angoisse (phobie du coucher) : angoisse d'être séparé des parents, peur du noir qui persiste, peur de s'endormir.


- Les dysomnies
Les insomnies d’endormissement sont fréquentes aux 2ème et 3ème années de vie (et se réactivent au cours de l’adolescence)


Chez le petit enfant, elles se retrouvent à l'endormissement ou en première partie de sommeil. L'ambivalence est parfois importante entre le respect des règles éducatives pour "faire plaisir" à ses parents et le besoin de maîtriser l'angoisse de séparation. Des terreurs nocturnes ou des évènements traumatiques (maladie, séparation, décès…) peuvent venir troubler le sommeil de l'enfant.


A l'adolescence, elles témoignent d’une angoisse des changements de cette période, mais il convient de prendre garde à une dépression débutante ou avérée (qui s’accompagne davantage de réveils précoces). Il s’agit d’un symptôme d’appel qui nécessite une prise en charge globale de la situation de l’adolescent.


Les hypersomnies sont fréquentes, surtout chez l’adolescent dont le rythme de sommeil est inversé. Cette hypersomnie est parfois le refuge devant des difficultés qu'affronte le jeune (difficultés familiales, scolaires…). Là encore, il s’agit d’un symptôme d’appel qui nécessite une prise en charge globale de la situation de l’adolescent.


Une forme particulière : la narcolepsie
Elle peut débuter pendant l’enfance. Elle se caractérise par : somnolence et accès de sommeil diurnes invincibles, accès de cataplexie (souvent déclenchés par le rire et les émotions), hallucinations hypnagogiques, paralysies du sommeil.

- Les troubles du cours du sommeil ou parasomnies
Ils sont de plusieurs types et d'allure paroxystique, sous-tendus par l'angoisse.


Les terreurs nocturnes
Elles surviennent chez environ 1% des enfants.
Davantage chez le garçon, de 3 à 12 ans.


Elles ont lieu dans la 1ère partie de nuit, au cours du sommeil lent, de 1 à 3 h après l’endormissement. L’enfant est retrouvé assis dans son lit, après un cri ou un hurlement. Il a les yeux grand ouverts et paraît effrayé. Parfois, il semble se débattre contre des images terrifiantes, comme halluciné. Il ne reconnaît pas ses proches qui n'arrivent que difficilement à le calmer.


Les manifestations végétatives sont intenses : sueurs, mydriase, tachypnée et tachycardie. L’épisode dure généralement ¼ d’heure et l’enfant se rendort. Au réveil, l’amnésie du rêve est totale, ou bien seuls sont évoqués des éléments très frustes (boule, piquants).
Ces terreurs peuvent être uniques ou répétitives. Dans ce dernier cas, l'évolution peut s'organiser sur un mode phobique, parfois sévère.


Le cauchemar ou rêve d'angoisse
Le cauchemar (ou rêve d’angoisse) provoque un réveil (brutal) de l’enfant pendant le dernier tiers de la nuit. L'enfant se réveille, pleure, appelle et se calme assez facilement en présence des parents. Les manifestations végétatives sont modérées. Il est capable de raconter précisément un rêve effrayant.
Ces épisodes sont banals (entre 3 et 8 ans) et généralement bénins. Ils disparaissent à la puberté. Seule la répétition est problématique.


Le somnambulisme

Le somnambulisme est une activité motrice plus ou moins complexe (de quelques mouvements stéréotypés à une déambulation) inconsciente, sans souvenirs au réveil. L’accès peut durer une dizaine de minutes, plutôt en début de nuit. Il est plus fréquent chez le garçon entre 5 et 12 ans. Il n’y a aucun dangers à réveiller l’enfant. Il disparaît spontanément à la puberté.


La somniloquie
La somniloquie correspond au fait de parler pendant le sommeil, de quelques mots au vrai discours. Souvent brève, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.


Les rythmies d’endormissement
Les rythmies d’endormissement consistent en des balancements de la tête ou du corps, avec parfois des bruits de heurts plus ou moins violents contre le mur, pouvant même déplacer le lit. Elles peuvent apparaître dès 4 mois, ne sont pas systématiquement pathologiques, mais peuvent parfois témoigner de carences affectives ou de troubles envahissants du développement.


Le bruxisme
Il s'agit d'un claquement ou d'un grincement des dents.
L’étiologie en est inconnue. Le traitement est symptomatique (orthodontie).

 
  
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