Troubles
du sommeil chez le nourrisson
La qualité du
sommeil est très importante tout au long de la vie. Elle
participe, dès la naissance, à l'éveil du
bébé, puis du nourrisson et plus tard de l'enfant
et de l'adulte.
Les troubles du sommeil sont souvent un indicateur des difficultés de
l'enfant et il est important de les dépister et prendre en charge le
plus précocement possible. En effet, le nourrisson a peu de moyens pour
manifester son malaise ou sa souffrance et il ne peut l'exprimer qu'à travers
son corps et en particulier les fonctions essentielles que sont le sommeil
et l'alimentation, fonctions physiologiques mais aussi support de la relation
mère-enfant. En ce sens, ces troubles ne doivent pas être banalisés
ou minimisés.
La prescription de psychotropes (hypnotiques…) est à éviter
dans la grande majorité des cas. Elle ne se fait jamais en première
intention et lorsqu'elle est nécessaire, elle sera toujours ponctuelle
et constituera un appoint à la prise en charge.
Organisation normale du sommeil
Le rythme veille/sommeil est particulier chez le bébé et le nourrisson.
Il n'existe pas de différence entre la nuit et le jour. Les réveils
se font toutes les 3 heures environ et les réveils nocturnes (2 fois
par nuit) sont normaux jusqu'à 2-3 mois. Ainsi, les besoins en sommeil
sont schématiquement :
- Nouveau-né et bébé (0 à 3 mois) : en moyenne,
16 heures par 24 heures.
- Nourrisson : 15 heures de sommeil dont 2 siestes dans la journée, à 6
mois.
- A partir du 4ème mois : mise en place du cycle nycthéméral
(veille / sommeil)
- Entre 1 an et 4 ans : 13-14 heures par 24 heures dont 1 sieste dans la journée.
- Adolescence : stabilisation autour de 8-9 heures par 24 heures.
La qualité du sommeil et son organisation dépendent aussi des
conditions de vie de l'enfant (bruit, calme, température, satiété et
confort…) et de la sécurité affective. Cette sécurité affective
repose sur une continuité et une qualité de l'interrelation entre
le bébé et son entourage permettant l'apaisement. C'est dans
ce contexte de suffisante sérénité que le nourrisson acquérra
la capacité à se séparer, à être et rester
seul et qu'il pourra s'abandonner dans le sommeil, sans risque ni angoisse.
Origine des troubles du sommeil
L'origine des troubles est soit intrinsèque (tensions psychiques internes,
angoisses…) soit extrinsèque (excitations dues à l'environnement,
aux conditions de vie…) Soit les deux.
Le retentissement des troubles du sommeil est parfois considérable sur
la vie familiale. Le climat d'énervement, voire d'exaspération
qui en résulte est lui-même source de conflit et majore, en retour,
les troubles du sommeil du nourrisson.
La fréquence des troubles du sommeil semble en augmentation.
L'investigation des troubles du sommeil doit toujours se faire dans une triple
dimension : médicale, éducative et psychologique.
Les troubles du sommeil se présentent de manière différente
et n'ont pas la même signification en fonction de l'âge de l'enfant.
1°/ Chez le
nourrisson Il est normal que l’enfant ne "fasse ses
nuits" qu’après 3 mois. L'insomnie est le principal
trouble du sommeil chez le nourrisson. Devant un trouble du sommeil
précoce, deux règles sont à retenir :
- Recherche systématique
d'une pathologie organique.
- Aucun traitement
hypnotique symptomatique ne sera prescrit en 1ère intention.
a) Aspects cliniques
Il s'agit de nourrissons dont les réveils sont très
fréquents et les périodes de sommeil trop courtes.
Les insomnies sont classiquement de 3 types:
- Insomnie commune
: réveils fréquents, pleurs, cris…
- Insomnie agitée
et bruyante: pleurs, cris et manifestations motrices pouvant
aller, dans les formes graves, jusqu'à se taper la tête
avec les poings ou contre les barreaux du lit.
- Insomnie calme
: le nourrisson reste éveillé, les yeux grands
ouverts, immobile, absent, sans appeler et sans jouer.
Ce type d'insomnie
se retrouve fréquemment dans les antécédents
de psychose infantile. Certains enfants luttent contre le sommeil
et arrivent à ne dormir que 4-5 heures.
b) Etiologie
- Eliminer une
cause organique (affections aiguës ou chroniques)
- Rechercher une éventuelle
maltraitance (enfant non désiré)
- Rechercher une
erreur hygiéno-diététique : Repas insuffisant
ou trop abondant, horaires des repas mal adaptés Conditions
environnementales défavorables Erreur de puériculture,
incohérences de soins Rigidité éducative…
- Apprécier
le contexte et la qualité des inter relations +++
- Les troubles
du sommeil sont très fréquemment liés à une
forte inquiétude parentale, notamment des angoisses de
mort (que ces craintes soient fondées par des événements
antérieurs ou non). Certaines mères (parfois pères)
peuvent aller jusqu’à réveiller l’enfant
pour vérifier que tout va bien.
- Les mères
anxieuses (mais aussi parfois les pères), soucieuses des
performances de leur nourrisson, le soumettent à de multiples
sollicitations. Ces hyper stimulations ne respectent pas toujours
les rythmes du bébé.
- Manque de continuité dans
le gardiennage de l'enfant, avec discontinuité affective
et attitudes maternelles contradictoires ou imprévisibles.
- Ailleurs les
conflits au sein du couple dominent le tableau familial, la crainte
de la séparation enfant/parents entre alors en écho
avec la menace d'une séparation père/mère.
Un enfant qui dort dans le lit de ses parents parce qu’il
ne dort pas seul dans sa chambre peut-être un excellent
contraceptif pour un couple en conflit.
- Enfin, les troubles
du sommeil du nourrisson peuvent être secondaires à une
dépression maternelle ou à un trouble psychiatrique
d'un ou des deux parents.
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