TRAITEMENT PHARMACOLOGIQUE DU TDAH
Principes du traitement pharmacologique
Treize considérations dans le choix du traitement pharmacologique
du TDAH
¦
l’âge et variations individuelles
¦
la durée des effets
¦
la rapidité d’action du médicament
¦ les sous-types du TDAH
¦
le profil des symptômes comorbides
¦ les troubles psychiatriques comorbides
¦
les antécédents de traitements pharmacologiques
¦
les attitudes face à l’utilisation de médicaments
¦
le coût des médicaments
¦
les problèmes médicaux et autres médicaments
¦
les aspects associés similaires aux effets secondaires des
médicaments
¦
la combinaison de stimulants avec d’autres médicaments
¦
l’attitude du médecin face aux médicaments
pour le TDAH.
1. L’âge et variations individuelles
Tous les médicaments pour le TDAH peuvent être utilisés
pour tous les groupes d'âge et sont maintenant approuvés au
Canada pour le traitement du TDAH chez l'enfant, l'adolescent
et l'adulte. Le traitement pharmacologique du TDAH chez
l’enfant avant l'âge de six ans, si cliniquement
nécessaire, devrait être initié et supervisé par
un spécialiste. Il n'y a pas d'âge
maximum limite pour traiter le TDAH si l'état
de santé général du patient le permet.
Il est conseillé aux femmes en âge
de procréer qui prennent des médicaments
pour le TDAH de discuter avec leur médecin si elles
envisagent une grossesse, car les effets des médicaments
pour le TDAH sur le foetus et sur le bébé pendant l'allaitement
ne sont pas encore connus. Des variations individuelles existent.
Par exemple la dose efficace n'est pasé
troitement liée à l'âge, le poids ou la sévérité des
symptômes. Ceci peut expliquer les différences
observées
dans la réponse au traitement et la grande variabilité dans
les posologies nécessaires pour obtenir un effet thérapeutique.
Les médicaments ne fonctionnent pas aussi bien pour tous
les patients: pour certains, les résultats sont excellents, pour
d'autres, ils sont significatifs sans être énormes,
tandis que pour d'autres, les résultats seront beaucoup
plus modestes. Pour environ 20% des patients,
les médicaments actuellement
disponibles ne sont pas très efficaces malgré l’essai
de différents médicaments.
Attention: Les médecins ne devraient pas surévaluer
l'efficacité des médicaments.
Par ailleurs, certains patients peuvent éprouver
des difficultés à avaler des pilules. Bien
que
l’enseignement puisse aider à corriger ceci, il est
intéressant d’en tenir compte car certains médicaments
peuvent être saupoudrés sur des aliments mous ou dilués
dans de l'eau.
2. La durée des effets
Le type de tâches cognitives et la période de la journée
où l’individu doit les effectuer varie au
fil des ans. Le traitement pharmacologique
pourra être ajusté pour répondre
aux demandes cognitives croissantes ou pour couvrir de
plus longues périodes selon les atteintes fonctionnelles.
Pendant l'enfance, il peut être choisi de ne traiter
que pendant les heures d’école
mais cependant une plus longue durée pourrait
améliorer le fonctionnement à la
maison, tandis qu’à l'âge
adulte, un traitement soutenu pendant le jour et le soir
peut être nécessaire. De
même, un patient peut avoir besoin
d’un traitement individualisé et
ajustable, voire variable, sur une base quotidienne.
Ces aspects peuvent être particulièrement
critiques pour des tâches
telles que la conduite automobile alors que la période
de risque maximal pour les jeunes conducteurs
est souvent le soir et le week-end.
3. La rapidité d’action du médicament
Lorsque la situation clinique nécessite un traitement urgent,
les psychostimulants sont les médicaments
de choix. Toutefois, le TDAH est un trouble chronique
où les approches
de traitement à long terme sont essentielles.
Pour les patients atteints de TDAH en
général, le TDAH est souvent
perçu comme une situation d'urgence en soi
dès
qu'il est identifié, et la perception est que plus le traitement
est rapide, mieux c’est. Toutefois, étant donné les
taux
importants de faible adhésion au traitement au cours d’une
année, il est également vrai que les
avantages à long terme sont plus
susceptibles de survenir et de se maintenir une fois
que les situations urgentes telles
que l'abus
ou l'expulsion de l'école sont
sous contrôle. L'objectif
ultime est d’obtenir une réduction des
symptômes,
réduire l’impact fonctionnel et améliorer ainsi la qualité de vie sur
une base continue. Il faut donc aussi favoriser l’adhésion
au
traitement à long terme en tenant compte, entre
autres, du confort du patient.
4. Les sous-types du TDAH
Les principaux symptômes du TDAH (qui déterminent également
les sous-types) comprennent l'inattention, l'impulsivité et l'hyperactivité motrice. Ces trois
types de symptômes sont associés à diverses
atteintes fonctionnelles.
Par exemple, les problèmes d'attention demeurent souvent
présents
et entraînent un impact tout au long de
la vie, affectant le fonctionnement
académique mais aussi et organisationnel.
L'hyperactivité peut diminuer à l'adolescence, mais
se transforme en sensation d’agitation,
l’individu
reste à la recherche de stimuli et rapporte
un inconfort d'être toujours «sur
la brèche». Cela peut se poursuivre
pendant une grande période même à l'âge
adulte. Lorsqu’un adulte atteint
de TDAH présente des symptômes d'inattention,
l’histoire rapportée peut être
une persistance d’un tableau d’inattention
depuis l’enfance ou une progression de
l’enfance à l'âge adulte d’un
tableau mixte vers une prédominance de
symptômes d’inattention seulement
ou encore une persistance de l’hyperactivité en
plus. Il est important de comprendre
la transformation des symptômes cliniques,
car ceci peut influencer l'ajustement des posologies
et l'apparition d'anxiété et d'autres effets secondaires.
Tous les médicaments pour le TDAH améliorent
l'inattention.
5. Le profil des symptômes comorbides
Le Comité des LDC propose d’utiliser un inventaire
basé sur
les symptômes afin d'aider le médecin à déterminer
les traitements possibles en
fonction de ceux-ci. En présence
de comorbidité, le fait de prioriser
le symptôme-clé le
plus handicapant oriente le choix du traitement
pharmacologique et élargit
les options de médicaments considérés.
Par
exemple, même si l'agression peut être un symptôme
dans la plupart des troubles comorbides dont
souffre le patient, le fait de cibler cette problématique comme priorité l’identifie
comme la source principale d’impact fonctionnel.
6. Les troubles psychiatriques comorbides
En présence d’un trouble comorbide avec le TDAH, il
est généralement conseillé que
le traitement prioritaire soit celui de
trouble le plus grave au moment de l’évaluation
DC . Diverses stratégies sont
utilisées pour déterminer
la séquence des traitements,
y compris la certitude du diagnostic,
les préférences
du patient, l’identification du
trouble primaire, cibler le trouble le plus handicapant
ou, dans certains cas, quel est le trouble
le plus susceptible
de répondre
au traitement DC . Toutefois,
les troubles de l'humeur comme la dépression
majeure et les troubles bipolaires de
même que l’abus
de substance/toxicomanie doivent être
identifiés
et traités comme prioritaires,
avant le TDAH DC . Par ailleurs, les symptômes résiduels peuvent nécessiter
des traitements supplémentaires. Dans les cas de polypharmacothérapie,
il est important de rechercher
les possibles interactions médicamenteuses
afin de s'assurer qu'il n'y a pas de
risque pour le patient. Il n'est pas rare que les patients
avec un «TDAH complexe» prennent
plus d'un médicament.
7a. Les antécédents de traitements pharmacologiques
Dans 65% à 75% des cas, les patients vont avoir une réponse
clinique positive à un médicament
approuvé pour
le TDAH dès le
premier essai210. Les patients qui
ne répondent
pas à un stimulant peuvent
répondre à un
autre (par exemple méthylphénidate
vs amphétamine), mais
pour certains, aucun médicament
actuellement disponible ne sera efficace. Il existe aussi la même variabilité pour
l’apparition
d’effets secondaires: certains
vont mieux tolérer
un type de médicament
comparativement à un autre.
Ce phénomène
peut concerner des effets secondaires
comme la perte d'appétit,
les difficultés de sommeil,
les céphalées
et les tics. Le pourcentage de résultats
positifs au traitement augmente
avec le nombre d’essais avec
différents produits.
Ainsi, devant un manque d'amélioration
ou des effets secondaires
importants, il est important de considérer
l’essai
avec un autre médicament pour
le TDAH. Si un patient répond
bien à un médicament,
il est fortement conseillé de
le maintenir et que le patient n’essaie
pas d’autre médicament «pour voir s'il y répond mieux».
7b. Les antécédents pharmacologiques familiaux
Avant de commencer le traitement,
il est préférable
d’obtenir les antécédents
pharmacologiques familiaux afin
de découvrir
s’il y a eu des expériences
positives ou négatives
avec un médicament spécifique.
Bien qu'il n'existe pas de
données scientifiques
bien démontrées
sur ces aspects, il est probable
que la réponse positive à un
traitement spécifique par un membre de la famille pourrait
augmenter les attentes positives
pour ce traitement alors que le contraire sera également vrai.
8. Les attitudes face à l’utilisation de médicaments
Tous les patients et leur famille
ont besoin de recevoir de
l’information
et d’être «éduqués» sur
le TDAH et les options de
traitement. Le choix des
médicaments devrait
suivre les principes du consentement éclairé.
Le site web www. totallyadd.com
(en anglais seulement) offre
de l’information
sur le consentement éclairé.
La réaction émotionnelle«
d’être contre le traitement pharmacologique du TDAH» est
souvent biaisée et
basée sur un manque
d’information
ou une mauvaise
information au sujet des
effets secondaires
de même
que le sentiment de culpabilité d'avoir «causé» le problème
en étant de «mauvais» parents. Également,
le patient peut avoir une
attente irréaliste
d'amélioration
suiteà la
prise de médicaments,
le tout pouvant entraîner
de la déception. Il
est important pour les familles
d‘avoir
accès à des sources
d’information fiables
et valides tout en pouvant
obtenir de l’aide via
des groupes de soutien. Les
traitements pharmacologiques
visent à améliorer
le fonctionnement du patient
dans les sphères de
vie touchées
par le TDAH. Par ailleurs,
il est préférable
de ne pas prescrire des stimulants à courte
action à des enfants
dont les parents seraientà risque
de mal utiliser le traitement
en prenant eux-mêmes
ceux-ci de façon inappropriée
(par exemple risque d’abus
chez les toxicomanes).
Les patients doivent aussi être
informés
des risques reliés à la
prise de médicaments
prescrits pour un autre et de ne pas «partager leur médicament» avec
leurs amis (risque de diversion pour usage non médical).
9. Le coût des médicaments au canada
Tout patient devrait avoir
accès au meilleur
traitement possible.
Malheureusement, certains
médicaments
sont hors de
portée financière
pour plusieurs patients
sans assurance maladie
complémentaire.
Certains médicaments
peuventê
tre remboursés par des programmes d'accès spécial,
mais l'accès est
souvent limité par
la lourde démarche
de documentation
requise et par le temps
limité pendant
lequel l’autorisation
est donnée pour
l’essai thérapeutique.
La plupart des médicaments sont couverts par les compagnies
d’assurance privées.
Cependant, il arrive
quelquefois que
des patients doivent
prendre des médicaments
génériques
qui pourraient avoir
un effet thérapeutique
différent du produit original et être moins efficaces dans certains cas.
La CADDRA continue de militer auprès
des instances
décisionnelles pour la résolution de ce problème.
10. Les problèmes médicaux et autres médicaments
Il est important pour
le médecin
de faire un évaluation
médicale complète,
y compris un examen
physique avant de prescrire
un médicament.
Les lignes directrices
de la CADDRA fournissent
des outils qui peuvent
guider le médecin.
De nombreuses conditions
imitent le TDAH (par
exemple les
troubles de la thyroïde,
les troubles auditifs
et de la vue).
Il est important
que les médecins
soient au courant
de tout risque médical
que pourrait avoir
le patient pouvant affecter
le choix du traitement
(par
exemple
problèmes
de pression artérielle,
interactions médicamenteuses,
risque cardiovasculaire).
En cas de doute,
il est
recommandé de demander
une consultation auprès d’un spécialiste.
11. Les aspects associés similaires aux effets secondaires
des médicaments
Tous les médicaments peuvent provoquer des effets indésirables.
La plupart des
effets secondaires vont généralement s’améliorer
au cours des
deux ou trois
semaines
d'utilisation
continue. Une
des raisons les
plus
courantes
pour le non-respect
du traitement
est
lié à un
manque de sensibilisation
ou un manque
de compréhension
des médecins
face aux
effets secondaires
ou à la
réticence
des patients
d’expliquer
leur malaise.
Certaines conditions
préexistantes, comme
les tics, les
troubles
du sommeil,
un très
faible poids,
des céphalées,
des problèmes
gastro-intestinaux
ou la dysphorie,
peuvent être
aggravées
par les médicaments
pour le TDAH
(bien que certains
de ces symptômes
pourraient aussi être
améliorés
par les médicaments
du TDAH). Les
patients devraient être
informés
sur la façon
d’évaluer
si 58 Version: Janvier
2011. Voir www.caddra.ca
pour
les dernières
mises à jour
la dose qu’ils recoivent est adéquate. Si ceux-ci
ressentent des symptômes tels que se sentir survolté,
trop irritable ou
trop sérieux
pendant la période
où la
médication
est active, il
est probable
que la dose soit
trop élevée
ou que ce
médicament
ne soit pas le
bon pour le patient.
Si ce type de
symptômes
se présentent à la
fin de l’effet
de la médication
ou s’ils
se sentent mal
dans leur peau à cette
période
de fin d’effet,
il est possible
que ce phénomène
soit un
effet rebond
alors que la
médication
perd son effet
trop rapidement
(effet «crash»).
Une meilleure
compréhension du
profil des effets
secondaires
de
chaque médicament,
permet d’ établir
quel est le médicament
le plus approprié pour cet individu
(traitement individualisé).
12. La combinaison
de stimulants
avec d’autres
médicaments
Si un médecin estime qu'un deuxième
médicament
est nécessaire,
il est suggéré de
choisir un
médicament
pour le
TDAH qui est
reconnu
sécuritaire
en combinaison
avec l’autre
médicament.
Par exemple,
dans le choix
d'un médicament
pour le TDAH
chez un patient
présentant
un trouble
d'anxiété sévère,
un psychostimulant
peutê
tre combiné avec un antidépresseur (à noter:
il existe certaines limites à l'atomoxétine).
Si une combinaison
médicamenteuse est nécessaire dans le cas de jeunes
enfants, il
est recommandé de consulter un spécialiste.
13. L’attitude du médecin face aux médicaments
pour le TDAH
Les informations
sur le
TDAH sont en rapide évolution (c.-à-d.
la compréhension
de la comorbidité,
le TDAH
chez l'adulte,
les traitements
pharmacologiques,
les bases
biologiques,
etc). Il
est
impératif
que les
médecins
recherchent des sources
fiables
d'information
et continuent à améliorer
leurs compétences
cliniques. Les
Lignes directrices
de la
CADDRA,
son site
web
et ses
mises à jour
en formation
continue
(conférence
annuelle)
ont été conçues
pour exposer rapidement
les médecins
aux dernières
avancées
en matière
d'évaluation
et de traitement
du TDAH
pour les
patientsà
toutes les périodes de leur vie. Les personnes atteintes
de TDAH aujourd'hui sont souvent autant informées
quantà
leurs conditions de santé que leurs médecins, et
les médecins doivent être à l'aise avec cette
réalité.
Ce degré de confort
peut être atteint par une attitude ouverte, l'expérience
et l’accès à de la formation continue de qualité.
Le tableau
des traitements
pharmacologiques
du
TDAH
(fourni dans
le livret
des LDC
et en
ligne) est disponible
en deux
formats,
l’un
adapté pour
le Canada
et l’autre,
pour
le Québec.
La mise à jour
la plus
récente
est affichée
sur le site
CADDRA
(www.caddra.ca).
Les médecins
peuvent
utiliser cet outil lors
de
discussions avec les patients
et leur
famille
concernant
les
options
de
traitements
pharmacologiques.
Ces
tableaux
ont été développés
par
l'équipe de
formation
médicale
continue
de
l'Université Laval à Québec,
en
collaboration
avec
le
comité d'organisation
de
la conférence
sur les traitements
pharmacologiques
du TDAH en avril
2007.
Points
spécifiques
quant
au
choix
du
traitement
pharmacologique
et
la
surveillance
É TAPE 1
Rétroaction et attentes
Le patient doit être bien informé en utilisant les principes
du consentement éclairé lors des discussions concernant
la médication.
É TAPE 2
Points spécifiques pour la sélection des médicaments:
Considérations
Une
des principales
philosophies de
la CADDRA
est que
chaque patient
est unique
et d’utiliser
les conseils pratiques en
se guidant
selon les “Treize considérations dans
le choix du traitement pharmacologique”.
Conseil
pratique: Voici
quelques questions
pratiques qui
guident le
début du processus de sélection:
a)
Le médicament est-il recommandé pour votre groupe
d’âge? De façon générale, le
premier choix devrait être
un médicament pour le TDAH qui est approuvé dans
ce groupe d’âge par Santé Canada. Tous les
médicaments
pour le TDAH sont maintenant
officiellement approuvés par Santé Canada
pour le traitement
des enfants,
adolescents et
adultes.
b)
Quelle difficulté avez-vous et à quel moment de
la journée? Est-ce surtout pendant le travail, les réunions, les
examens ou
est-ce durant
des loisirs,
pendant que
vous conduisez,
lors de
la routine
matinale, etc?
S'assurer
que le
patient est
sous médication durant la période
appropriée. Il est donc nécessaire
de bien comprendre et
répondre à ses
besoins individuels.
c)
Quels médicaments préférez-vous?
Avez-vous déjà pris des médicaments
ou entendu parler de quelque chose
qui oriente
votre choix
sur le
produit que
vous aimeriez
essayer? Les
patients répondent mieux aux médicaments auxquels
ils croient
fortement. Ceci
implique également que
les patients doivent être informés
et devraientê
tre partenaires dans les décisions concernant leur traitement.
d) Est-ce qu’un membre de la famille prend un médicament
pour le TDAH? Si oui, alors envisager d'essayer en premier
le même médicament. (À noter: Il n'existe
cependant aucune preuve en ce moment d’une réponse«
familiale» de type pharmacogénétique)
e) Avez-vous des assurances (publiques ou privées) ou allez-vous
payer vous-même les médicaments?
La plupart
des médicaments actuels sont coûteux,
de sorte qu'il devrait y avoir
une discussion ouverte concernant
les régimes d’assurance du gouvernement,
l’assurance
privée,
le paiement par le patient,
les plans de financements
et d'avantages
sociaux limités.
f)
Avez-vous de
la difficulté à avaler les pilules?
Si oui, alors cela limite le choix de médicaments
(certains produits
peuvent être saupoudrés sur la nourriture ou
dilués dans l’eau), mais la personne pourrait tout
de même essayer
d’apprendre à avaler un comprimé.
g)
Nécessitez-vous
un traitement urgent? Si oui,
alors votre premier choix
sera probablement un stimulant
en raison
de sa
rapidité d'intervention. Toutefois, le traitement
du TDAH est un projet à long
terme. Il est important de
prévenir le patient que, même s’il peut y avoir
des problèmes urgents, il faut éviter de tomber
dans le piège
de l’illusion d’une correction rapide des problèmes
associés.
h)
Est-ce que
le patient
souffre de
troubles comorbides
qui vont
nécessiter
des interventions plus complexes? Si
oui, il
faut initier
en premier
le traitement
pour le
TDAH puis
voir les
symptômes résiduels qui nécessiteront
un traitement
ultérieur. Anticiper les problèmes d'interactions
médicamenteuses. Si
le patient
a des
pensées suicidaires ou d'homicide, il
va de soi que celles-ci doivent être traitées en priorité.
É TAPE 3
Surveillance
¦ Établir un calendrier de rencontres et un mode de communication
avec le patient
et ses parents
¦
Il est utile d'établir une mesure objective à l’intérieur
du domaine du patient. Par exemple, l'enseignant peut vouloir observer
une période de 5 minutes de tâche ou comportement.
Un adolescent peut cibler sa capacité à maintenir l'attention
lors de
ses tâches plus difficiles. Un adulte peut
choisir comme objectif spécifique
une situation complexe qui
doit changer,
comme sa
production
horaire
au travail.
Les échelles
d'observation permettent de
quantifier les changements
suite à un traitement spécifique, en particulier à l'école
et à la maison. Le formulaire CADDRA du médecin pour
le suivi
du TDAH
et l’Inventaire des symptômes du
TDAH peuvent être utilisés
pour quantifier
les changements
¦
Au cours de la phase de titration, un contact
hebdomadaire avec le patient est recommandé, soit par téléphone, courriel,
fax ou
rendez-vous.
Cependant,
le patient
devrait être
vu tous les 3-4 semaines pour une révision
des doses
de médicaments au cours de la période de titration,
de même que sa santé physique,
les effets secondaires, le
fonctionnement
familial,
son bien-être et celui de sa famille,
la mise en place de stratégies
de gestion et les thérapies comportementales et autres, selon les besoins identifiés.
É TAPE 4
Titration
¦
La dose initiale recommandée et le plan d’augmentation
de la dose ne sont qu’un
guide
¦
Commencer à faible dose et augmenter lentement, mais continuer à ajuster
la dose jusqu'à ce
que les objectifs de traitement
ciblés aient été atteints. Certaines
stratégies alternatives de titrage moins souvent effectuées
peuventê
tre de tenter alternativement deux doses différentes du
médicament
et puis choisir la dose qui donne le meilleur effet clinique avec le
moins d'effets secondaires
(comme
la stratégie
de MTA). Une
autre alternative
est un
essai
contrôlé avec un placebo et avec des doses différentes
chaque semaine suivi de l'évaluation
des effets et la comparaison
de ceux-ci.
Une telle
stratégie exige la coopération
et l'expertise technique du
pharmacien. Quel que soit
le schéma de titration, le traitement optimal est celui
qui permet d’obtenir la réduction des symptômes
et une amélioration dans le fonctionnement
général.
Parfois, les effets secondaires
limitent la titration
de la dose . Les doses maximum proposées en utilisation «hors indication» sont
conformes aux normes créées
par l’American
Academy of Child and Adolescent
Psychiatry
¦
Il est utile d’informer à l’avance le patient
que l'effet maximal peut se produire dès la première
semaine et qu’un effet plateau peut se produire
au cours des trois semaines suivantes. Parfois, les patients
interprètent
cela comme étant une tolérance au
médicament et demandent
une dose plus élevée. En fait, si le patient
améliore
son fonctionnement
lors
de
la période plateau, il est fort possible
qu’il soit à sa dose optimisée.
É TAPE 5
Gestion des effets secondaires
1. Lors de l’enseignement auprès des patients sur les
médicaments, il est important de fournir une vue réaliste
et préciser la
réponse variables et très individuelle aux traitements
quant aux profils de risque/bénéfices,
allant de ceux qui ne peuvent
tolérer ou bénéficier des médicaments
jusqu’à ceux qui ont une rémission complète,
sans effets secondaires.
2.
Bien
que
les évidences basées sur des données
probantes nous permettent de fournir à nos
patients beaucoup d’informations concernant
la médication
et les options de traitement,
il est important de
rappeler aux patients et aux parents
que
tous
les
individus
sont
uniques
et
peuvent
nécessiter
des doses qui sont plus petites
ou plus grandes
que celles
qui
sont
habituellement
recommandées. Il est important
de souligner que «l’essai» de médicaments
n'est pas une
décision finale et définitive d’utiliser
ce produit «pour toujours» et que l’essai d’un
traitement est une expérience qui
comporte
peu
de
risques à court terme et qui peut être
interrompu à tout
moment.
3.
Les
patients
qui
répondent bien aux stimulants, mais dont
le médicament est limité par des effets secondaires,
devraient être traités selon
les
techniques
décrites ci-dessous ou changés
de traitement pharmacologique afin de minimiser ce problème
particulier.
4.
Les
patients
qui
ne
répondent pas aux médicaments
et qui n’obtiennent
que peu d'avantages, mais qui n'ont
pas d'effets
secondaires
majeurs,
peuvent
quand
même bénéficier
de l’essai de stratégies
non pharmacologiques.
5.
Si
le
patient
ne
répond pas à l'un des médicaments
de première ligne, des stratégies
d'augmentation ou l'utilisation«
hors indication» de médicaments tels que le bupropion,
la clonidine, la guanfacine, le modafinil ou l’imipramine peuvent être
utiles, mais une demande de consultation vers un spécialiste
devrait être
faite. Le traitement du TDAH
est
un
domaine
en évolution rapide et il est possible
d’envisager le développement d’options thérapeutiques
additionnelles
avec
de
nouveaux
médicaments ayant des profils
d’efficacité et de tolérabilité différents.
6.
Si
un
changement
de
médicament est jugé nécessaire,
le moment optimal pour changer de médicament
sera, quand c’est possible, pendant de longues
vacances ou pendant l'été pour éviter
les effets secondaires possibles qui
peuvent nuire
au
rendement
scolaire
ou
au
travail
dans
le
court
terme.
Cependant,
l'urgence
de
la
situation
peut
parfois impliquer
un
changement
plus
immédiat en dehors de ces périodes.
7.
Si
une
période de «congé» ou de réduction
de dose de médicament est jugée nécessaire
pour minimiser les effets
secondaires
sur
la
croissance
de
l’enfant, elle devrait être
faite durant de longues vacances, l'été ou
au cours
d’un
long week-end pour minimiser
l'impact sur le rendement
scolaire. Cliniquement, on observe que
le fait d’interrompre le médicament à chaque
fin de semaine peut faire augmenter
les effets
secondaires, alors que le
fait de
prendre
ses
médicaments quotidiennement aidera à développer
une tolérance à l'égard
des effets secondaires. Certains
médicaments (par exemple l'atomoxétine, le
bupropion et l’imipramine) doivent être
pris en permanence pour
maintenir
l'effet
clinique.
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